Tutoriel Linux

DAWO : Les Pays-Bas adoptent NixOS pour dire adieu à Windows 11 et Microsoft

Débutant4 min de lecture

Les Pays-Bas ont pris une décision audacieuse : remplacer Windows 11 par un système souverain, DAWO. Né d’un besoin de plus en plus criant d’indépendance numérique, ce projet intègre NixOS comme pierre angulaire. Plusieurs communes testent déjà cette solution concentrée sur la stabilité et la maîtrise complète de l’écosystème informatique.

DAWO : un écosystème complet pour la souveraineté numérique des administrations néerlandaises

DAWO signifie Digitaal Autonome Werkomgeving Overheid, autrement dit un environnement de travail numérique autonome pour le secteur public. Loin de n’être qu’une distribution, DAWO est un ensemble cohérent réunissant système d’exploitation, outils collaboratifs et gestion centralisée. Le ministère de l’Intérieur a confié le développement à plusieurs acteurs étatiques, avec une mise à l’épreuve dans huit municipalités, Amsterdam incluse.

À l’origine, cette initiative a été déclenchée par un incident concret : en 2025, les sanctions américaines ont privé la Cour pénale internationale d’accès à ses services Microsoft. Ce coup d’arrêt a mis en lumière la fragilité d’une administration dépendante de solutions étrangères. On comprend aisément que les Pays-Bas souhaitent reprendre la main sur leurs infrastructures numériques.

Le travail ne commence pas à zéro. Le système repose sur la distribution NixOS, qui vient avec un gestionnaire de configuration unique, facilitant le déploiement et la maintenance. Parallèlement, une variante fondée sur Fedora Kinoite est aussi explorée, histoire de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier.

Pourquoi NixOS s’impose comme base technique de DAWO

NixOS n’est pas un choix anodin. Son origine universitaire aux Pays-Bas et sa conception déclarative rendent la distribution idéale pour un environnement aussi exigeant que celui d’un État. Décrire l’état exact du poste de travail dans des fichiers permet d’assurer une homogénéité parfaite entre les machines.

Cette précision technique facilite la répétabilité et la gestion de flotte sans surprises. DAWO-NixOS intègre même la génération automatique d’un SBOM, un inventaire des composants logiciels, question de garder un œil rigoureux sur la chaîne logicielle. Ce n’est pas un détail anecdotique, c’est une réponse directe aux enjeux de transparence et de contrôle des logiciels d’État.

Le projet a d’abord testé openSUSE et Fedora, mais ces distributions, liées à des entreprises commerciales, ne convenaient pas à la volonté de totale autonomie. Ici, personne ne contrôle NixOS, ce qui est rassurant à plus d’un titre dans une phase de souveraineté digitale.

DAWO s’appuie sur des outils maison pour piloter et collaborer

Un poste de travail fiable, c’est bien. Mais il faut aussi des outils pour gérer ces machines à grande échelle. DAWO apporte Sextant, un système de gestion de flotte dédié à NixOS. Cela facilite le déploiement, les mises à jour et la surveillance, même sur des ordinateurs portables anciens jugés obsolètes pour Windows 11.

Pour les mobiles, l’équipe explore Fleet, un outil de gestion open source, montrant une attention à la diversité des plateformes. Le socle logiciel s’enrichit avec Mijn Bureau, suite collaborative néerlandaise. La priorité est clairement mise sur des solutions européennes pour éviter un nouveau verrouillage technique.

Dans cette optique, le projet garde un œil attentif sur d’autres initiatives, dont l’allemand openDesk et la suite numérique publique française. C’est une coalition européenne de pratiques, pas un saut isolé dans le vide.

Des briques additionnelles pour un écosystème cohérent

Le cloud ne peut pas être oublié. DAWO englobe donc des services cloud (DAWO-Cloud), une gestion systématique des identités (DAWO-IAM) et même un volet intelligence artificielle (DAWO-AI). Ces composants sont construits en cohérence avec l’ensemble du projet, pour éviter toute friction.

DAWO-Core sert de base technique, assemblant la configuration commune. Les sources sont partagées sur Codeberg, invitant à une transparence exemplaire et à la contribution citoyenne. L’ensemble vise à pouvoir faire tourner DAWO sur des portables réformés sans les exigences parfois dissuasives des OS propriétaires.

Le calendrier reste ambitieux. Pas de déploiement massif avant 2027, avec une version 1.0 attendue d’ici là. Pour l’instant, les expérimentations en cours permettent de valider la stabilité et la compatibilité du système.