Avant de monter, formater ou ajouter un disque dans /etc/fstab, je prends toujours quelques secondes pour vérifier ce que Linux voit vraiment. Un nom comme /dev/sdb peut changer après un redémarrage, une clé USB peut ressembler à un disque interne, et une partition déjà montée peut passer inaperçue si vous allez trop vite.
La commande lsblk sert justement à faire cet inventaire proprement. Elle affiche les disques, les partitions, les volumes LVM, les points de montage et, avec les bonnes colonnes, les UUID utiles pour éviter une grosse erreur. Dans cet article, je vous montre les commandes que j’utilise avant une opération sensible sur le stockage.

Afficher les disques vus par Linux
La commande de base donne déjà une vue claire de l’arborescence des périphériques bloc :
lsblk
Vous obtenez généralement une colonne NAME avec le disque principal, ses partitions, puis les volumes éventuels. Les colonnes importantes à lire en premier sont SIZE, TYPE et MOUNTPOINTS.
diskdésigne un disque complet.partdésigne une partition.lvm,cryptouraidindiquent une couche au-dessus du disque ou de la partition.MOUNTPOINTSmontre si la partition est déjà utilisée par le système.
Le piège classique, c’est de regarder seulement /dev/sdb et d’oublier que la partition utile est peut-être /dev/sdb1. Ne lancez jamais un formatage juste parce qu’un nom vous paraît logique.
Ajouter les UUID, modèles et points de montage
Pour préparer un montage propre ou modifier fstab, la sortie par défaut est un peu courte. Je préfère demander explicitement les colonnes utiles :
lsblk -o NAME,SIZE,FSTYPE,UUID,MOUNTPOINTS,MODEL,SERIAL,TYPE
Cette vue évite beaucoup de confusion. Vous voyez le système de fichiers, l’UUID, le modèle du disque, le numéro de série quand il est disponible et le point de montage actif. Sur un serveur avec plusieurs disques de taille proche, c’est beaucoup plus fiable que de travailler au feeling.
Si vous voulez une sortie plus compacte centrée sur les systèmes de fichiers, utilisez aussi :
lsblk -f
Cette variante affiche notamment FSTYPE, LABEL, UUID, l’espace disponible et le pourcentage utilisé quand l’information est remontée. C’est pratique pour distinguer une partition ext4, xfs, vfat ou un volume LVM avant de toucher au montage.
Croiser lsblk avec blkid avant de monter un disque
lsblk lit les informations du noyau et de udev. Dans la majorité des cas, c’est suffisant. Mais avant une ligne fstab ou un montage persistant, je croise avec blkid pour confirmer les UUID et les types de systèmes de fichiers.
sudo blkid
Vous pouvez ensuite comparer les deux sorties. Si l’UUID affiché par lsblk -f correspond à celui de blkid, vous avez une base plus propre pour une ligne comme celle-ci :
UUID=xxxxxxxx-xxxx-xxxx-xxxx-xxxxxxxxxxxx /mnt/data ext4 defaults,nofail 0 2
Pour le détail des options de montage persistant, j’ai déjà publié un guide dédié sur fstab sous Linux. Ici, retenez surtout l’idée : utilisez un UUID, pas un nom de disque qui peut bouger.
Vérifier ce qui est déjà monté
Avant de monter quelque chose manuellement, vérifiez d’abord si le système l’utilise déjà. lsblk vous donne un premier indice avec MOUNTPOINTS, mais findmnt est souvent plus clair pour lire les montages actifs.
findmnt
Pour cibler un point de montage précis :
findmnt /mnt/data
Et pour vérifier l’espace occupé après montage :
df -h
Si vous branchez une clé USB ou un disque externe, le principe reste le même : identifier le bon périphérique, vérifier son système de fichiers, regarder s’il est déjà monté, puis agir. Pour le cas ponctuel d’une clé USB, vous pouvez aussi consulter le guide monter une clé USB sous Linux.
Repérer le bon disque sans se tromper de cible
Quand plusieurs disques sont présents, je commence souvent par afficher uniquement les disques physiques :
lsblk -d -o NAME,SIZE,MODEL,SERIAL,TRAN,ROTA,TYPE
L’option -d limite la sortie aux périphériques parents. Les colonnes MODEL, SERIAL et TRAN aident à reconnaître un disque SATA, NVMe, USB ou virtuel. ROTA peut aussi donner un indice : 1 pour un disque rotatif, 0 pour un SSD dans beaucoup de cas.
Sur une machine virtuelle, vous verrez parfois des modèles génériques. Dans ce cas, fiez-vous surtout à la taille, aux partitions, aux UUID, au point de montage et au contexte côté hyperviseur. Si vous intervenez à distance, gardez une console de secours quand c’est possible.
Avant un formatage, faites ces contrôles
Un formatage ne pardonne pas. Avant une commande du type mkfs.ext4, je vous conseille de faire au minimum cette série de vérifications :
lsblk -o NAME,SIZE,FSTYPE,UUID,MOUNTPOINTS,MODEL,SERIAL,TYPE
sudo blkid
findmnt
df -h
Vérifiez ensuite trois points simples :
- le disque ou la partition cible n’est pas le disque système ;
- le point de montage attendu est vide ou correspond bien au volume voulu ;
- vous avez une sauvegarde si le disque contient déjà des données.
Si le problème vient plutôt d’un disque plein, ne partez pas directement sur un formatage. Commencez par les commandes de diagnostic de l’espace disque, notamment df, du et les contrôles de base. Ce n’est pas le même dépannage.
Garder une sortie lisible pour un diagnostic
Pour partager un état de stockage dans un ticket ou garder une trace avant intervention, je préfère une sortie explicite :
lsblk -p -o NAME,SIZE,FSTYPE,UUID,MOUNTPOINTS,MODEL,SERIAL,TYPE
L’option -p affiche les chemins complets, par exemple /dev/sda1 au lieu de sda1. C’est plus lisible quand vous copiez la sortie dans une note d’intervention ou quand vous comparez avec une ligne fstab.
Les pages de manuel de lsblk, blkid et findmnt détaillent les colonnes et options disponibles. Pas besoin de tout apprendre par coeur. Le plus important, c’est de savoir lire le disque, la partition, l’UUID et le point de montage avant de lancer une action irréversible.
En clair : lsblk est la première commande à lancer quand vous avez un doute sur un disque Linux. Elle ne remplace pas une sauvegarde, mais elle évite déjà de travailler à l’aveugle.